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Initiée en 2005 et développée en 2012 suite à une volonté politique forte, la gestion différenciée a profondément modifié et amélioré la façon de gérer les espaces verts en Ville de Genève Ces techniques permettent de maintenir et d'accroître la biodiversité en milieu urbain.

En 2020, les espaces verts de la Ville seront entretenus sans aucun produit phytosanitaire. Ce qui constitue un changement de paradigme complet par rapport aux pratiques horticoles encore en vigueur dans les années 90.

Quel est le contexte actuel ?

Qu'est ce que la gestion différenciée ?

Selon l’Office fédéral de l’environnement1, 36% des espèces de plantes, d’animaux et de champignons sont menacées en Suisse, et 95% des prairies fleuries du pays ont disparu depuis 1900.

Dans ce contexte mondial de baisse brutale de la biodiversité, chacun peut agir en fonction de ses moyens. La Ville de Genève fait sa part et développe notamment le mode de gestion différenciée des espaces verts.

Il s'agit d'une méthode durable permettant de gérer les espaces verts en utilisant, pour chacun, le mode le mieux adapté à son potentiel écologique, à sa valeur culturelle et à son usage.

Grâce  à  cette gestion différenciée,  la  Ville  de  Genève  donne plus de place et de temps à la nature. C’est exactement ce dont ont besoin la faune et la flore pour pouvoir se développer.
 


12 exemples de gestion différenciée

1. Dans les parcs, le remplacement des surfaces goudronnées par des sols perméables permet aux végétaux d’absorber l’eau pluviale (au lieu d’augmenter le niveau des égouts) et apporte aussi plus de fraîcheur au cœur de la Ville.

Sol Parc

 

 

2. La plantation de prairies fleuries, en remplacement de massifs à fleurs et de pelouses (qui demandent beaucoup d'entretien), permet de supprimer l'arrosage à ces endroits et améliore la biodiversité végétale ainsi que celle des populations d'insectes et d'oiseaux.

Prairies Fleuries

 

3. Le recyclage de la matière première des espaces verts (bois, feuilles) permet la production de compost et de copeaux. Ces derniers sont notamment utilisés pour chauffer les serres du Jardin Botanique de Genève.

Compost

 

4. Partout en ville, la plantation d’arbres et d’arbustes adaptés à la région et au réchauffement climatique favorise la faune locale et le bien-être des habitants.

Lilas des indes

 

5. Depuis plusieurs années, le SEVE met en place l'écopaturage et remplace du printemps à l'automne les tondeuses mécaniques par des moutons, véritables « tondeuses naturelles », qui broutent la bonne herbe dans plusieurs parcs et cimetières de la Ville.

Moutons

 

6. Le verdissement des cimetières consiste à semer dans le gravier un mélange de plantes adaptées pour créer un tapis vert; les chemins s'y dessinent progressivement selon la circulation des usagers, remplaçant le ratissage et le désherbage chimique. Cette conversion représente un grand bénéfice pour la biodiversité.

Cimetières

 

7. Le remplacement, sur les quais, de massifs de fleurs annuelles en fleurs vivaces printanières, permet de diminuer l’intensité des soins et les transports qui y sont liés et répond aussi au besoin de la population qui souhaite s’approprier les pelouses en été.

Quai

 

8. La végétalisation des pieds d'arbres permet de colorer la ville aussi sur les grands axes urbains de circulation.

Sol Plantation

 

9. L'aménagement de petites et très efficaces installations en faveur de la faune est régulière et très utile à long terme. À l'image de centaines de nichoirs, d'hôtels à insectes, de gîte à lucanes et grands capricornes, de ruches, de tas de branchages, de zones à orties et autres murs secs.

Nichoir

 

 

10. L'enrichissement des sols est primordial. Il est effectué grâce aux matières organiques des parcs. Les feuilles mortes se décomposent naturellement dans les sous-bois, les massifs de fleurs et les pelouses. Les déchets de bois sont aussi broyés puis répandus au pied des vieux arbres contribuant à les fortifier.

Sols

 

 

11. L'amélioration des conditions de vie des sous-bois, par exemple autour de l’ensemble spectaculaire de sequoias au parc Barton, consiste à laisser la végétation indigène se développer (favorisant la vie du sol) et remplaçant les anciennes pelouses et leurs tontes régulières très gourmandes en entretien.

Sous-bois Parc

 

 

12.L'utilisation de faux, fabriquées sur mesure pour les employés, permet d'entretenir efficacement de petites surfaces, de façon silencieuse et sans dégagement de CO2.

Utilisation de la faux Genève

 

Dans un contexte d'urgence écologique, ces exemples illustrent qu'une volonté politique claire peut permettre des réalisations concrètes contribuant à améliorer au quotidien notre environnement.


Témoignage d'un jardinier du Service des espaces verts

Ivan Perrone, vous êtes jardinier au SEVE depuis 25 ans, qu'est-ce qui a changé depuis l'introduction de la gestion différenciée (en 2005)?
On donne plus de place à la nature et ça se voit. Il y a plus de fleurs, d’insectes, de papillons, d'oiseaux ainsi que des petits mammifères dans les parcs. Ce sont des changements visibles.

Qu’est-ce que la gestion différenciée a apporté comme changement dans votre travail ?
D'abord de la diversité, entretenir les espaces verts de manière plus naturelle apporte de la variété dans nos tâches, ce qui est très agréable. Nous utilisons de nouvelles méthodes d’entretien, l’utilisation de machines n’est pas constante. Nous avons aussi réintroduit la faux.

Depuis combien de temps utilisez-vous la faux et que vous apporte cet outil ?
Nous utilisons la faux depuis maintenant 8 ans. Elles ont été fabriquées sur mesure pour chaque collaborateur. La faux est un savoir-faire particulier, nous avons reçu une formation complète, avec même des cours d'aiguisage, car la lame s'abîme vite et nous devons savoir l'entretenir. Le travail à la faux est aussi une belle activité physique et un vrai plaisir. Les promeneurs sont intéressés et demandent souvent des informations, l'outil crée un lien social. Le travail à la faux a également l’avantage d’être silencieux et précis, il est particulièrement bien adapté pour certaines surfaces. C'est l'un des avantages de la gestion différenciée: adapter l'outil au lieu en accompagnant la nature.

 


 

1Biodiversité en Suisse : état et évolution 2017


Crédits photos
Magali Girardin : Couverture, 1, 2, 7, 11, 12
Thierry Parel: 5, 8
Ville de Genève: 3, 4, 5, 9, 10